Longue tignasse et visage juvénile, on pourrait le prendre pour un surfeur s'il n'était aussi fluet. Difficile de deviner, en voyant Jeremy Gilley, 40 ans, qu'il s'agit de l'homme qui a instauré la Journée mondiale de la paix, le 21 septembre 2001. Il a filmé son parcours du combattant dans un documentaire, diffusé ce soir sur Canal +.
On se demande bien ce qui a pu passer par la tête de ce comédien anglais, formé à la Royal Shakespeare Company, quand il s'est lancé, en juillet 1998. « J'étais consterné par les tueries et les famines, raconte-t-il. Comment pouvais-je contribuer à rendre cette planète plus pacifique ? » Il décide de mettre en place une journée universelle de cessez-le-feu. Parce qu« avant d'avoir 365 jours de paix, il faut bien commencer par un ».
Voici cet ancien dyslexique parti sillonner la planète avec sa caméra. Il frappe à toutes les portes : celle du prix Nobel de la Paix Kofi Annan, celles de stars comme Angelina Jolie ou Jude Law, celle de Coca-Cola... Un parcours du combattant pour un doux rêveur ? Pas seulement. « J'ai été impressionnée par son énergie et sa volonté », avoue Elsa Zylberstein, marraine française de Peace One Day, l'association de Jeremy.
Sa ténacité a payé. En 2001, les Nations unies consacrent le 21 septembre Journée mondiale de la paix. Le p'tit gars de Southampton n'a pas terminé sa quête. Il continuera à convaincre des chefs d'État de la célébrer jusqu'à ce que [« chaque personne sur la planète en connaisse l'existence ».